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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 11:22

Qui sont-ils ces beaux enfants???

En 1947

En 1957   1947 b1957 

Par tram
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 15:19

 

 

Les notes qui suivent sont des extraits de lettres

d'Élisabeth MAGDINIER épouse CHARVET  à Oncle Bruno, son fils, jeune jésuite .

Recopiés par Oncle Bruno.

 

10 août 1930

......Nous prierons avec toute ce que notre tendresse et notre

sollicitude peut désirer pour toi,surtout en pensant que cette 22eme

année va être la première qui t'éloignera beaucoup de nous.

Un premier sacrifice en appelle joliment d'autres !

Nous tacherons d'être toujours à la hauteur de l'honneur que le

Bon Dieu nous a fait en te prenant pour lui,mais mon grand,

que se sera dur !

 

juin 1931

.....Que c'est long ! encore près de 2 ans et demi !

Le sacrifice se fait durement sentir !

Mais aussi la joie et la fierté que notre foyer ait été béni de

cette manière !

Nous avons assisté,il y a quelques temps à la prise d'habits

de Geneviève Bonnamour chez les Bénédictines à la Rochette.

C'était très intéressant et impressionnant, mais dur comme mise

en scène pour les parents de la novice: les adieux à la porte de

la clôture !Le tout accompagné de très jolis chants.

 

 

......Vois-tu ,il n'y a rien de plus dur que de voir souffrir ses

enfants; j'ai eu bien des peines,des difficultés; je n'en avais pas

encore connu d'aussi "raffinées".

 

 

1931

.....( à propos des arrivistes) Cela surtout, c'est trop vilain et il

y en a cependant de plus en plus! et de très braves gens qui

étaient partis pour faire très bien et qui sont détournés par cette

hantise d'arriver coûte que coûte.

Nous avons assisté cette année à la représentation d'une pièce de

Pagnol dont les études avaient donné l'analyse: Topaze

C'est la peinture de l'arrivisme et quoiqu'il y ait beaucoup d'esprit

je trouve que c'est une comédie triste parce que c'est tellement ce

que l'on voit à chaque pas !

 

 

Juin 1933

 

.....Le sacrifice que tu nous demandes ou plutôt que le Bon Dieu

nous demande est immense et nous brise le cœur ; à mesure que

les années passaient, que se terminait ton séjour à Jersey ,nous

espérions un avenir où nous t'aurions plus rapproché de nous ;

nous entrevoyions des circonstances te ramenât dans nos régions

...et tout cela est détruit par la lettre qui nous arrive et que

nous avons lue, ton Père et moi ,brisés de chagrin !

Mais,....., le Bon Dieu est bien bon et vois-tu le premier effet

de ta vocation de missionnaire est de m'amener à le dire ......

Puisque le Bon Dieu nous juge dignes d'un si grand sacrifice

( et même de deux sacrifices puisque Bernard a la même vocation

que toi) je sens qu'Il ne nous a pas abandonnés, qu'Il pense

à nous et qu'Il nous aime jusqu’à nous faire souffrir beaucoup

 

1933

 

......qu'une femme est coupable quand elle n'a pas été

l’entraîneuse qu'elle aurait du être et que par sa faute le niveau

moral ne s'est pas maintenu .....

 

Août 1933

...Notre vie arc hi-tranquille des vacances c'est organisée

comme à l'ordinaire ; malgré soi ,on est pénétré par le grand

calme de la campagne et de la solitude et j'ai peur d'en jouir

égoïstement car je ne sens plus d'une façon aussi angoissante

nos soucis....

 

Août 1933

......Je viens te dire bonjour dans ton nouveau pays; quelque

hospitalier qu'il te paraisse je pense qu'il te le sera davantage

si tu y trouves les souvenirs affectueux des tiens et de ma

tendresse qui te suis pas à pas dans ce voyage dont

malheureusement je ne peux rien me représenter!

Les grands sacrifices se décomposent en milliers de petits et

chaque minute qui s'écoule ,depuis que je te sais sur le bateau

,me meurtrit le cœur...

Prions bien , le Bon Dieu sait mieux que nous ce qu'il

nous faut,comme disait ta Grand-mère Charvet à ton Père.

Je confie tout à la Sainte Vierge ,qui est ,je trouve, plus

abordable que le Bon Dieu...!

 

Mars 1935

Comment ne t'ai-je pas dit , tout de suite, notre joie en lisant ta

dernière lettre, de voir que tu précises un peu le moment où tu

seras prêtre ,et notre émotion surtout ; car enfin ,jusqu'à

présent ,toutes les fois que tu en parlais il semblait que tu

reculais la date!

Avoir un fils prêtre ! C'est formidable.

Quand je pense que j'ai dit quelque fois :il faut mériter cet

honneur!

Comme si on pouvait jamais mériter cela en être un peu

moins indigne.

Voila ...et être de plus en plus reconnaissants au Bon Dieu

qui a regardé tout spécialement notre foyer pour s'y choisir

des prêtres!

Prie pour notre Carême, pour que ce soit une ascension de

nous tous, il faut que nous montions.

on m'a parlé dernièrement d'un foyer où père et mère montent!

Cela me fait envie....

 

 

Par tram - Publié dans : Souvenirs
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 14:12

 

                                                        COMICE AGRICOLE TRAMOLÉ

                                                                           Août 1993

                                                        Article pour le journal du Comice

 

 

 

 

                                                     TRAMOLÉ : promenade dans le temps

 

Amis du Comice agricole qui venez animer notre fête, soyez les bienvenus !

 

TRAMOLÉ vous accueille avec joie et souhaite en quelques lignes se présenter en vous contant son histoire.

 

Au 14eme siècle, il vous en souvient, le DAUPHINE est à peine rattaché à la FRANCE

-1349- TRAMOLÉ excitait, limitée à un prieuré , sans moine, et s’appelait TRAMOLLIA .

Pourquoi ce nom ? Il semble qu'il dérivait d'une variété de peupliers appelée POPULUS TREMULA .

Il s'agit du peuplier tremble, bien connu de nos jours.

TRAMOLLIA donna au cours des siècles TREMULA puis TRAMOLEE, puis au 18eme siècle TRAMOULAY ; qui était le nom que nos pères employait en patois pour aboutir à TRAMOLE d’aujourd’hui .

TRAMULA laisse donc supposer qu'il y avait beaucoup de peupliers trembles dans les lieux humides , par exemple dans la vallée de l' AGNY.

 

Au 16eme et 17eme siècle , TRAMOLÉ est composée d'une vingtaine de maisons dont l'une appartenait au Sieur de SAVEL D'ARZAC . Celui-ci peu à peu , acquit tous les fonds et possédait

« quatre fort spacieux grangeages de huit cents escus de revenus annuels »

 

Au 17eme et 18eme siècle , on reparle du prieuré commendataire qui n'est point servi, donc toujours sans moine, mais avec un curé. Il s'agit de l'ancienne cure actuelle.

 

Ce terroir de TRAMOLÉ , nous dit-on , est déjà très fertile en « Bled » au sens de terres incultes et les habitants y sont fort pauvres.

Déjà le patron de ce terroir est saint Maurice.

L'écrivain ,Henri BERAUD, dans un de ses romans historiques, « le bois du templier perdu » dont l'action se déroule dans les bois de Bonnevaux , lors de la persécution des Templiers, raconte que l'on vit descendre à TRAMOLÉ , pays rude et pauvre, des hommes armés de fourches et de pics...

 

C'était au 13eme ou au 14eme siècle.

Depuis les gens et les choses ont bien changé.

 

Aujourd'hui , TRAMOLÉ est un village calme et paisible. Les terres ont été mises en valeur par nos aïeux et l'agriculture y est prospère. TRAMOLÉ fait partie d'un groupe de communes assez semblables qui couvrent des collines s'étageant entre 400 et 600 mètres d'altitude.

Pas de commerce, pas d'industrie, pas de tourisme, pas de pollution. Des chemins à promenades, des sous-bois agréables, la rivière l 'AGNY , de superbes panoramas. Voila ce que TRAMOLE offre à ses habitants et à ses visiteurs.

C'est donc l'agriculture qui constitue la principale activité avec , comme ailleurs, très peu d'agriculteurs.L'élevage bovin et la production laitière y ont la plus grande part.

Il y a à peine 30 ans , 50 agriculteurs entretenaient des vaches laitières et livraient du lait. Aujourd'hui , 3 exploitations modernisées livrent plus de lait que les 50 d'antan !!!

Concentration du bétail entre des éleveurs hautement qualifiés, sélection rigoureuse , insémination artificielle , prairies améliorées, nourritures mieux étudiées etc... expliquent ce phénomène de concentration.

Passage de l'économie de subsistance à la nécessaire production intensive pour survivre. C'est l'impératif des temps modernes. Rien d'original...C'est à TRAMOLÉ comme ailleurs.

 

Les anciens se souviennent des rendements d'autrefois : 1500à 1600 litres de lait par lactation ; 15 à 20 quintaux de blé à l'hectare.

 

Aujourd'hui : 5 à 6000 litres de lait et 50 quintaux de blé !

Peu à peu ,le maïs, le colza, le tournesol se substituent au blé. Telle est l'évolution foudroyante de l'agriculture qui a entraîné le bouleversement de la vie au village.

 

Le tracteur a chassé le cheval.

 

Fini le clair tintement du marteau sur l'enclume qui indiquait, dès l'aurore , que le maréchal ferrait des chevaux ou appointait des socs de charrue. Disparue l'odeur caractéristique de la corne des sabots des chevaux , brûlée par l'ajustement des fers.

Finis les chars à bancs qui dévalaient nos routes pentues , surtout le jeudi , jour de marché à BOURGOIN.

C'était ce jour là un vrai défilé.

De bon matin , on descendait au grand trot des chevaux. Il en arrivait de partout, de Saint-Anne, du Roland, du Buisson ,du Rozier ,du Plan ,du Morlionais et d'ailleurs, des chars à bancs chargés des produits de la ferme que l'on portait au marché : veaux, volailles et autres denrées.La charrette du coquetier se reconnaissait de loin . Elle penchait fort à droite car il était pesant et roulait chaque jour pour la collecte des œufs et volailles qu'il vendait à BOURGOIN

 

Si la descente du jeudi était allègre et rapide, le retour était plus laborieux. D'abord ça monte !

Ensuite la fatigue. On est parti le matin. La chaleur. Souvent ,les rencontres sur le foirail avaient raison des plus solides;sauf si la patronne était du voyage, en ce cas...on remontait plus tôt !

Parfois les chevaux reconnaissaient mieux que leur patron le chemin de l'écurie !

 

Le jour de marché était un moment de détente, de contacts.

La camionnette , aujourd'hui, a eu raison du char à bancs d'hier. Nécessité oblige.Dommage disent les anciens ; le folklore évolue comme le monde.

Jusqu'à l'apparition du tracteur, la vie à la ferme s'établissait autour des chevaux. Rien ne pouvait se concevoir sans eux. Ni déplacements, ni charrois, ni labours.

 

Il fallait voir aussi le soin dont on les entourait ; Le meilleur foin de la grange leur était réservé.

Pour eux ,on semait l'avoine. Au réveil,avant même de traire les vaches, on les pansait. On aurait eu honte d'atteler un cheval non étrillé, ni brossé.

On peut dire que la disparition du cheval, au cours du 20eme siècle, fut le phénomène qui traduisit le mieux l'évolution de notre époque.

Il y a quelque nostalgie ,pour ceux qui ont vécu du temps des chevaux, à évoquer les travaux de la ferme exécutés à leur cadence . Les foins, les moissons , les semailles, la famille tout entière y participait.

Même les vendanges ! Car il y avait de la vigne à TRAMOLÉ. Il en reste aujourd'hui quelques arpents amoureusement cultivés par des spécialistes chevronnés qui apprécient leur vin sans même l'espoir de le voir classer parmi les crus de renom ou d'être admis au marché des vins de TRAMOLÉ.

Au temps des moissons les champs de blé donnaient à nos régions un caractère somptueux car on cultivait une variété sélectionnée à la COTE ST ANDRE, appelée « mottin rouge » . La paille et l'épi étaient d'un rouge cuivré qui resplendissait au soleil. C'était très beau, d'autant que les coquelicots et bleuets ponctuaient le décor qui faisait penser à l'Angélus de Millet.

 

C'est un curé : l'Abbé RIBAUD qui sélectionnait les blés et parcourait les villages pour les vulgariser. Aujourd’hui d'autre variétés sont bien plus prolifiques.

Il fallait beaucoup de personnel pour la moisson . Tout le monde y allait : hommes, femmes, enfants en vacances, voisins, on liait les gerbes qui tombaient des lourdes faux. On les regroupait en petits paillers contre la pluie. Au moment des battages , on amenait les gerbes à la ferme pour les faire dévorer par la batteuse qui libérait le grain et recrachait la paille.

 

Battre le blé était toujours un événement . Il fallait 20 à 25 hommes pour servir cette puissante machine itinérante. C'était un vrai rassemblement pour le village. Le travail était pénible , d'autant que la chaleur du mois d’août est souvent accablante.

Malgré la fatigue, ces rassemblements s'achevaient le soir à la fraîche par un dîner confortable où les maîtresses de maison rivalisaient de talents culinaires . On parlait , on riait , on chantait, on buvait dans cette odeur de paille, de « poussié » de chevaux .

La moissonneuse-batteuse a balayé tout cela. D'ailleurs aujourd'hui , on ne trouverai plus assez de monde pour assurer moissons et battages.Les moissonneuses-batteuses sont arrivées chez nous après la guerre.

Pour déplacer la batteuse ,il fallait 4 à 6 chevaux, parfois plus si les chemins étaient pentus. Quel spectacle ! Quelle vitalité dans ce mouvement . Là encore, les chevaux jouent un rôle essentiel , on aurait dit qu'ils le comprenaient. Attelés par deux , ces chevaux piaffaient comme des purs sangs.Leurs propriétaires n'en étaient pas peu fiers . Au commandement, les appels gutturaux et virils s'élevaient, les fouets claquaient . Les chevaux ensemble comme un seul, cambraient les reins , s’arque boutaient et semblaient arracher la batteuse qui à son tour bondissait sous la brusque traction ;

On l’emmenait dans la ferme voisine. Elle reviendrait « l'an que vint »

Questionnez les anciens ils ont toujours des histoires de batteuse à raconter.

 

 

Chez nous comme ailleurs, certaines personnalités marquent une époque. Les unes parce qu'elles font figure de « sages » dont les conseils sont recherchés ; d'autre parce qu'elles ont une spécialité, une réputation, une aura .

 

Retenons en deux pour terminer ce récit : le Curé et l'instituteur.

 

Le Chanoine GUICHARD présentait l'originalité d'être resté 58 ans curé de TRAMOLÉ. Sa fidélité lui à valu son « camail » de chanoine(petit vêtement court sur les épaules )

Il faisait lui-même son vin de messe.Il entretenait quelques plants de vigne dans son jardin qui, à cette époque, s'étendait devant la cure.

Mort en 1941 , il était donc venu chez nous en 1883. Vous voyez le nombre de Tramoléens qu'il a baptisé, mariés, confessés, enterrés et qui l'ont accueillis au Paradis.

Très réservé, même timide et discret, il était respecté de tous.Sans en avoir l'air, il avait une influence très profonde qu elles que soient les opinions de chacun. Il tutoyait tout le monde.

Il avait enseigné le catéchisme à quasiment tout le village. Dans une langue simple et rustique, il exprimait la crainte de Dieu et le peur de l'enfer. Il en était si pénétré qu'il devint scrupuleux à l’extrême . Ses ouailles en étaient parfois tout chamboulés . Sa fidèle servante Philomène, que l'hygiène ne tracassait que très peu, était un personnage truculent, amusant et de bon sens : « que le Bon Dieu a donné de génie à l'homme » disait-elle à l'apparition des premières bicyclettes.

 

 

L'instituteur, Monsieur BERGER , était l'instituteur type 3eme république (avant la guerre de 40).

Laïc certes, mais jamais agressif, il eut avec notre curé des relations correctes et distantes. Ils s’estimaient réciproquement.

Sa classe , ses élèves étaient tout pour lui, sacrés. Il était un enseignant, un formateur d'hommes. Il ne tolérait aucun désordre dans sa classe, les fautes d'orthographe et les erreurs de calcul le faisait frémir. Il conduisait avec succès et fierté ses élèves chaque année au certificat d'études.

Il a profondément marqué les générations qui lui furent confiées. Il jouissait d'une forte réputation, réglait amiablement bien des conflits, expertisait et jaugeait d'un coup d’œil la surface d'un terrain et connaissait chaque espèce de champignons.

Petit, râblé, toujours actif, il éprouvait une passion pour les boules et les boules le lui rendaient bien. Il organisait rencontres et concours dans des conditions extrêmement difficiles , souvent inconfortables. Mais on jouait quand même !

Sur les chemins caillouteux de l'époque, partout où il avait un replat , on lançait quelques fagots qui délimitaient le jeu et arrêtaient les boules. Tant pis pour les grattons et les devers qui les déviaient.

On jouait même le dimanche et tant pis pour les chars à bancs qui voulaient passer . De bonne grâce. , ils attendaient. Quant aux autos, il y en avait si peu. Elles allaient plus vite, elles avaient donc bien loisir d'attendre.

 

On prenait le temps de vivre à cette époque.

 

 

Amis du comice, pardonnez ce bavardage. Se complaire dans le passé n’empêche pas un ancien de se réjouir du présent , tout en se promenant dans le temps.

 

 

Un de TRAMOLÉ

 

J. CHARVET

août 1993

 

 

 

 

 

 

Par Jo CHARVET - Publié dans : Tramolé Promenades dans le temps
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 18:07

                                 D’UN SIECLE à L’AUTRE

 

       Allocution de Joseph Charvet à son frère Bernard le 23 août 1994

 

 

 

                    Mon cher Bernard,

  Je t’adresse le texte de l’allocution que je t’ai dédié à l’occasion de ton anniversaire.

  80 ans ,cela valait la peine. Tu as vu combien de neveux pourtant très épars, ont tenu à t’entourer pour te dire leur affection et leurs vœux.

  J’ai tenu à saluer le changement de dizaine d’André qui le 22 août a eu 70 ans.

  Ta naissance, mon cher Bernard , nécessite de part son contexte ,un rappel historique.

  2 août 1914 !  Le tocsin résonnait encore. De Vernion  on avait entendu les cloches de l’église de Condrieu, de Vérin ,des Roches ,pas celle de St CLAIR , notre paroisse à cause du relief du terrain.

  C’était la guerre.

  Nous étions à Vernion autour de Ménère . Bruno avait 6 ans ,j’en avais 5 ,Agnès ,Geneviève et Maurice étaient bien échelonnés.

  On lisait tant d’inquiétude ,tant d’angoisse chez les grandes personnes, que, malgré notre jeune age, rien ne nous échappait .Rien pour nous ne put être oublié.

  On citait nos oncles, nos grands cousins qui partaient à la guerre pour sauver la France et recouvrer l’Alsace et la Lorraine.

  Ils reviendrait très vite couverts de gloire et de décorations.

Nous ne savions pas ,nous ne pouvions pas savoir ce qu’était la guerre,ses horreurs ,ses souffrances ,ses morts.

  Des trains entiers de militaires remontaient la vallée du Rhône et souvent marquaient l’arrêt à la gare des ROCHES, au pied de Vernion.

  C’étaient les hommes qui partaient à la guerre.

  Parfois ,Ménère nous emmenait les saluer. On leur portait des pêches . Il en avait beaucoup cette année.

  Agnès,délicieuse fillette de 4 ans offrait de roses aux officiers.

  Tous ces hommes étaient enthousiastes !

  A Berlin ! Lançaient-ils en brandissant des drapeaux tricolores. On les aura!

  On étaient impressionnés  , sans trop comprendre.

  Cela ne s’oublie pas.

  Et le 1er septembre Bernard arriva.

  Beau ,rond, joufflu, calme. Il semblait déjà nous apporter la paix.

« Oh le beau petit frère » disait-on en entourant le berceau. Frère ou sœur , déjà on avait l’habitude.

  ( Rappel historique: le 6 septembre Charles Péguy tombait à Villeroy dans la Marne).

  Optimiste , Bernard apportait avec lui un important message :

  Il était le 6eme enfant .Papa ne partirait pas à la guerre.

  Très vite, avec Maurice , il fit la paire comme Agnès et Geneviève comme nous faisions Bruno et moi

  On marchait par paire à la maison.

  C’était plus commode pour Maman

  On s’entendait bien

  On se bataillait fort

  On se débrouillait mieux

  On échangeait nos fringues.

 

  C’est par paire que les boeufs tirent la charrue .C’est plus puissant, plus efficace.

  Dès l’automne 1914 on intègre la rue de Condé, après Caluire, Vernion, c’était nouveau. Par comparaison il nous semblait être encagés.

  La guerre dura 4 ans.

  Bernard quand elle s’acheva était un beau garçon, tout bouclé, rieur ,aimable et de bon appétit parfois coléreux mais ça ne durait pas. Il avait de qui tenir.

 Augustine Gauthier, née Duchêne de Chatonnay, préposée à ses soins en était très fière ,comme si il eût été à elle. Il n’eût point fallut,rue de Condé ou place Carnot ,séparer son landau par un corps étranger. On attirait ses foudres.

  Aux séquelles de la guerre, nous avons lourdement payé notre écot: Pierre,Bernadette, Augustine emportés par la grippe espagnole en quelques semaines.

  La maison avec Maman, le collège, les amis, le scoutisme, tel était ton univers, Bernard.

  Le scoutisme, très vite joua un grand rôle dans ta vie. Tu l’as vraiment vécu et tu le vis encore. En juillet 1928  tu as fait ta promesse avec Maurice au Linge dans les Vosges, un haut lieu de la guerre.

  Combats Héroïques.

  Le Linge, pour toi, sommet allégorique. Les sommets tu t’y tiendras, ta vie durant. C’est sur les sommets intellectuels et spirituels que tu évolueras.

  Allégorique encore ,ce sommet, par les sacrifices qui l’ont marqué pendant la guerre. N’as-tu pas tout sacrifié au Seigneur?

  Allégorique enfin ce sommet victorieux. La porte de l’Alsace s’ouvre devant nos troupes. C’est à la victoire du Christ que tu vas te consacrer.

C’est tout cela que contient ta promesse scoute au sommet du Linge. Décliner la loi scoute c’est raconter ta vie: Dieu, l’Honneur, la Patrie, le Prochain.

  Tout jeune tu as entendu l’appel du Seigneur et nos parents, lorsque tu les informais de ta vocation, sen réjouissent malgré le sacrifice qu’une deuxième fois le seigneur leur demandait. Deux fils prêtes ,en perspective seulement, parce que c’est long chez les Jésuites .

  Tu n’as évidement pas pris la voie la plus facile. Scout, tu ne fais rien à moitié. Tu donnes tout au Seigneur. Tu fonces à Yzeure puis au Liban qui devient ta seconde patrie. Le scout est loyal à sa patrie alors tu deviens loyal au Liban

 Tu subis avec tes frères libanais 15 années d’une guerre harcelante et humiliante qui te fournis une occasion de plus d’aider ton prochain en cette circonstance.

  Le «  merle insouciant » de la 1ere de Lyon et devenu le Révèrent Père vénéré de Jamhour. Très soucieux , 40 ans durant, du comportement de chacun ses élèves dans la vie. Et pour cela ton enseignement est vivant, exact ,rigoureux, qu’il s’agisse de la grammaire ou du catéchisme.

   Le catéchisme  ! Toi dont la vocation s’affirme très jeune, de conduire et d’instruire des âmes en les tournant vers Dieu, tu fus privilégié.

  Pendant 40 années, la mission te fus confiée d’enseigner aux enfants le catéchisme , c’est-à-dire de leur ouvrir et de leur faire franchir la porte qui conduit à la vie éternelle. Et ceci à l’age où l’esprit est le plus sensible, le plus le plus avide de connaître les grands mystères.

  Par ta parole, par ton exemple, par ta conviction,par ta Foi, tu as marqué des générations. C’est par milliers au soir de ta vie, que tes élèves se reconnaissent entre eux parce qu’ils sont marqués du même sceau,du même maître qui leur a enseigné la même religion d’amour.

  Ta science , ton expérience t’ont permis de rédiger une « synthèse de la foi chrétienne » étonnante de simplicité, de clarté, d’exactitude, chef d’œuvre de pédagogie apologétique d’ailleurs apostillé fort élogieusement par l’éminent Cardinal de Lubac,l’un des plus grands théologien de notre époque.

  Tu atteins cher frère et vénérable père tes 80 ans !!

  Tu entres dans la cour des grands!!

  C’est pour te célébrer que nous sommes aujourd’hui  rassemblés.

Nous ne sommes pas tous là. Loin s’en faut! Le mois d’août est le mois de la dispersion .Des dizaines de neveux et de nièces se sont excusés ,navrés de ne pouvoir être là pour t’entourer et te fêter. Charles et Agnès ,au premier chef, te transmettrent leurs vœux . A notre  tour  de leur exprimer les nôtres avec toute notre affection.

  Ensemble nous contemplons ton œuvre, ton influence, ton rayonnement. En termes profanes on dirait ta carrière de missionnaire .

    Quel bilan !!

Nous en demeurons émerveillés et sommes fiers de ton œuvre. Et encore nous ne savons pas tout. Mais au Seigneur rien n’échappe

  L’heure du repos pour toi a sonné.                                                                                        

 Chaque chose en son temps.

  Que peut-t-on souhaiter à un père Jésuite au terme d’une si riche chevauchée?

   Le temps de la méditation et de la prière ,entouré  tes frères Jésuites, pas trop loin de tes nombreux frères et sœurs, neveux et nièces auprès desquels tu as encore un rôle apaisant de conseil ,d’orientation.

  Un homme d’expérience, un homme de Dieu même à l’age du repos, n’a jamais terminé sa mission puisqu’elle est spirituelle.

 

  Bon anniversaire mon cher Bernard

« ad multo  anos « 

  « Au pasteur du troupeau, il est demandé avant tout l’Amour pour ceux qui lui sont confiés ». Cette phrase est de ton saint patron:Bernard de Clairvaux.(Tu vois que j’ai de saines lectures)

   Tu n’as donc pas fini d’aimer. Que longtemps encore,où que tu sois,le phare puissant de ta Foi inébranlable rayonne sur nous tous et rappelles toi que :

    Si tous les gens que tu as catéchisée et tant aimés

    Continuaient d’être copains

    Et marchaient la main dans la main

    Le bonheur serait pour demain

    Avec 100 millions d’amis

    On ne craint pas la solitude

 

 

Tramolé le 19 août 1994

 

J.CHARVET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     

 

Par tram
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 17:16

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Arrivés sous la pluie pour dresser un camp dans la boue, 130 scouts et guides lyonnais viennent de vivre "une aventure, où le mot cohésion a été décliné sous tous ses aspects".

C'est le constat qu'a dressé à leur retour de l'île d'Elbe, vendredi, Stéphanie-Anne Pinet, l'une des réalisatrices d'un séjour placé sous le signe de Napoléon.

Après l'office pascal qui s'est déroulé en plein air, le soleil a choisi définitivement d'embraser l'île. Les parcours effectués dans la nature, les veillées à thème et les challenges d'unités ont permis des échanges entre les différentes tranches d'âge.

"L'engagement des chefs, anciens ou actuels, a été le ciment de cette cohésion. On leur doit un programme varié, qui a permis à nos scouts de mieux découvrir le mot solidarité", disait Stéphanie-Anne aux parents "presqu'îliens" venus chercher leurs enfants, fatigués également par un voyage en car de près de 11 heures, mais pleinement heureux de cette évasion italienne.

 

Hortense Hutin, jeanette de 9 ans : " C'est la première fois que je vais à l'étranger et dans un île. C'était super. J'ai aimé les randonnées et apprécié la beauté des montagnes se jetant dans la mer. Les veillées m'ont plu, en particulier celle où j'ai joué devant tout le monde pour retracer la vie militaire de Napoléon. Débrouillardise, solidarité et dynamisme ont été au rendez-vous."

 

Pierre Groleau, scout de 13 ans : "Se retrouver tous âges confondus est une aventure que j'ai appréciée. J'ai redécouvert la simplicité. Les activités ont été géniales. Il nous a été souvent demandé de faire appel à notre imaginaire. Vivre en groupe dans une nature méditerranéenne à l'état brut, en présence de chefs super, j'en redemande volontiers."

 

Flamine Berger, compagnon de 18 ans : "Vivre, loin de chez soi, avec des jeunes et des moins jeunes, engagés dans le scoutisme, c'est l'aboutissement d'un projet, dont on rêvait depuis deux ans. J'en retiens l'esprit d'équipe et le dynamisme des participants. Si certains d'entre nous ont pu servir de modèles, je l'attribue à la qualité de l'organisation qui a permis à tous de s'exprimer avec confiance.

 

Article paru dans Le Progrès du 30 Avril 2011

Par Maximin
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